Envol Formation et loisirs créatifs en Haute Savoie 74
  • Écran et apprentissage
  • Faciliter la discipline en aménageant l'environnement de l'enfant
  • L’œil et l’apprentissage



ÉCRAN ET APPRENTISSAGE


Peu avant Noël, sur France-Info, dans une chronique intitulée « Les bébés geeks », le journaliste nous apprenait que cette année en France, pas moins de 10 tablettes tactiles sont sorties, créées pour nos chers bambins. Des parents interrogés disaient leur fierté et leur intérêt pour ce support qu’ils n’hésitent pas à acheter pour leur enfant dès 2 ans. Un chercheur français, Olivier Houdé, concluait ne pas être contre les tablettes tactiles dès 2 ans, mais pas sans l’accompagnement des parents.

 

  • J’entends aujourd’hui bien des enseignants et des formateurs exprimer tout l’espoir qu’ils mettent dans la technologie des écrans pour les aider à enseigner, en particulier face aux élèves en difficulté scolaire.

  • Mais qu’en est-il des recherches faites sur l’apport des écrans ? Depuis des décennies nous sommes exposés aux écrans de toutes sortes, et si l’enseignement, l’apprentissage en étaient facilités, des recherches là-dessus devraient être largement connues et répandues. Mais au contraire, elles démontrent la nocivité des écrans. Et elles sont trop souvent occultées. Ces recherches sont nombreuses et se confirment. Cet article ne nous permet pas de les développer suffisamment, mais nous prendrons quelques exemples traitant en particulier de la problématique de l’apprentissage.

 

Écran et imagination :


Le développement de l’imagination demande une pratique sensorielle, motrice et émotionnelle. Les chercheurs Kate Moody1, Jane Healy2 et Joseph Chilton Pearce nous recommandent de bannir la télévision avant l’âge de 8 ans pour que l’imagination et les aptitudes au langage aient une chance de s’installer. Leurs travaux nous montrent qu’ apprendre par le biais de la télévision n’est pas naturel. Leur étude a révélé que les élèves qui regardaient la télévision (plus de 6 heures par jour) étaient susceptibles de présenter un plus faible Quotient Intellectuel que ceux qui la regardent peu (moins de deux heures par jour). La télévision bombarde les spectateurs d’un flot continuellement changeant d’images, de mots et de mouvements trop rapides pour qu’un jeune cerveau puisse les assimiler. L’enfant sait peut-être ce qu’il a entendu, mais il ne comprend absolument pas en profondeur. C’est par une compréhension provenant de l’intégration des nouvelles expériences par le schéma psychophysiologique en développement, que l’enfant peut imaginer et  raisonner de façon créative. Sinon, il reste passif, dépourvu de l’implication intellectuelle, émotionnelle et physique nécessaires au développement cognitif…Pour se défendre de cet excès de stimulation, le cerveau produira des ondes alpha qui empêchent tout raisonnement et toute pensée active…Lorsque les enfants regardent la télévision, ils s’habituent à une situation d’apprentissage d’où l’implication physique, émotionnelle et même sensorielle (odorat, toucher, proprioception) est absente. Cette accoutumance va affecter pour le reste de leur vie leurs structures d’apprentissage.

 

Écran et représentation symbolique :


Michel Desmurget, dans son livre « TV Lobotomie, la vérité scientifique sur les effets de la télévision », cite une étude menée par deux médecins allemands sur les représentations symboliques3. Pour cela, près de 2000 élèves de 5-6 ans ont été soumis à une version remaniée de la célèbre épreuve du bonhomme. Chacun devait simplement dessiner un bonhomme. Les analyses montrèrent que la richesse du dessin chutait progressivement en fonction de l’exposition audiovisuelle :

 

Insertion d’une figure

 

La place nous manque pour communiquer les nombreuses études faites, tant aux Etats-Unis qu’en Europe, prouvant la nocivité des écrans sur l’apprentissage. Nous nous contenterons donc de livrer une dernière étude menée récemment au Canada venant confirmer les précédentes4

 

La persistance des effets négatifs :

 

Des chercheurs canadiens, dont Linda Pagani de l’Université de Montréal, ont étudié pendant près de 8 ans 1314 enfants grâce à la collaboration de leurs parents et professeurs. Les parents avaient pour mission de noter combien de temps leurs enfants, alors âgés de 2 ½ ans à 4 ½ ans restaient devant la télévision. À l’âge de 10 ans, les enfants étaient ensuite évalués par leurs professeurs qui prenaient note de leurs performances scolaires, psychosociales, ainsi que de leur santé. Écoutons Linda Pagani : « Nous avons découvert que chaque heure passée devant un écran correspond à une diminution future de l’intérêt en classe et de la réussite en maths, augmente le risque de victimisation par les camarades de classe, favorise la sédentarité et la consommation d’aliments mauvais pour la santé et augmente l’indice de masse corporelle. »

 

  • Ce qui est remarquable, c’est que cette étude met en évidence « la persistance des effets négatifs ».

  • Elle dit encore : « C’est impressionnant de voir que les impacts se font sentir aussi loin à l’école primaire…C’est entre la naissance et 5 ans qu’interviennent les débuts de réseautage dans le cerveau, très importants pour toutes sortes de processus intellectuels. Or, regarder un écran est une « activité intellectuelle passive » qui se substitue à d’autres, plus enrichissantes et plus propices au développement cognitif, au développement moteur et au développement comportemental. »

  • Nous nous sommes contentés de mettre l’accent sur la nocivité des écrans sur l’apprentissage, mais nous aurions pu faire de même dans les domaines des émotions, de la peur par exemple, de la violence, de la santé, de la sexualité, de l’espérance de vie et de l’estime de soi. Et non seulement pour les premières années de l’enfance, car toutes les tranches d’âge sont touchées par ce fléau.

Isabel Gourmaud,

consultante en remédiation et formatrice


1Moody, Kate, Growing up on Television, New York Times Books, 1980

2 Healy, Jane, Endangered Minds : Why children don’t think and what we can do about it, New York, Simon and Shuster, 1990

3 Winterstein,P., Medienkonsum und Passivrauchen bei vor Schulkindern, Kindern und Jungendarzt, n°73, 2006, p. 205

4 Voir :enfants-écrans.over-blog.com

FACILITER  LA DISCIPLINE   EN AMÉNAGEANT L’ENVIRONNEMENT DE L’ENFANT :


  • Le mot discipline appartient à la famille du mot disciple. Qu’est-ce que devenir un disciple ? C’est suivre le maître, admiré et respecté et aller dans le sens qu’il nous propose. Se pourrait-il que la véritable discipline soit cette orientation choisie vers le beau, le bon, le bien, un guide pour se diriger sur le chemin de la vie ?

  • Et pourquoi discipliner ? « Le but de la discipline, c’est d’apprendre à l’enfant à se gouverner lui-même, à se dominer, à compter sur lui. C’est pourquoi, dès qu’il sera capable de comprendre, on fera appel à sa raison en lui parlant d’obéissance. Que par tous vos agissements à son égard il trouve l’obéissance juste et raisonnable. Expliquez-lui que tout est soumis à des lois et que la désobéissance conduit toujours à la souffrance et à la ruine.1 »

  • Il est toujours beaucoup plus difficile de ramer à contre –courant  que de se laisser porter par celui-ci. Sommes-nous dans le bon bateau, sur la rivière qui nous mènera là où nous avons choisi d’arriver ? Avons-nous des rames solides et des vivres de survie ? Sommes-nous seul ou à plusieurs pour faire ce voyage ? Avons-nous un guide fiable ? Il est bien sûr important de réfléchir et de s’équiper adéquatement pour le voyage que nous voulons réussir. Il en est de même pour l’aventure de la discipline au sein de notre famille.

  • Dans leur livre «Des limites pour nos enfants », les docteurs Cloud et Townsend ont consacré quarante et une pages  à la question : « Pourquoi les enfants ont-ils besoin de limites ? »2 Si nous n’avons jusqu’à présent pas pris le temps de  répondre à cette question, mieux vaut le faire au plus tôt, sans attendre la crise et en concertation avec notre conjoint. Prenons le temps de réfléchir, d’échanger là-dessus. Prenons les décisions à deux et ayons le même discours face à l’enfant. Puis tenons ferme, tout en révisant la position lorsque l’enfant grandit. Vers huit, neuf ans, il serait préférable que ce soit le père qui règle et dialogue avec l’enfant. Mais celui-ci a besoin de comprendre que ses parents sont d’accord sur la conduite à tenir.

  • Une fois ces préalables posés, alors on peut envisager d’imaginer et de mettre en place un cadre approprié à une saine discipline. Puis-je me faciliter la vie dans l’art de poser des limites à mes enfants ? Y a –t-il un environnement aidant dans cette difficile tâche qu’est celle de diriger la barque familiale là où mes idéaux, mes valeurs, ma vision du monde souhaitent nous emmener ma famille et moi ? Que proposer à mon enfant pour qu’il devienne l’homme ou la femme dont le monde a réellement besoin aujourd’hui ?

  • Un des éléments clés est la cohérence entre ce que je lui demande, ce que j’espère de lui et l’environnement que je lui propose-et non que je me laisse imposer ! Plus la cohérence sera grande entre les valeurs, le discours que je lui tiens et les autres instances éducatives ayant un impact important sur l’aspect disciplinaire, telles que l’école, les amis, les loisirs, et moins j’aurai de difficultés à gérer la discipline avec mon enfant.

  • Notre enfant aime que nous réalisions des activités avec lui. Le plus grand cadeau que nous pouvons lui offrir, c’est du temps pour jouer et travailler avec lui, se promener, aller à l’église, parler avec lui et l’écouter. Mais ne confondons pas « faire avec » et «  faire à la place ». Tout ce que l’enfant est capable de réaliser ne doit pas être fait à sa place. L’autonomie fait partie des objectifs visés dans la discipline.
     
  • L’enfant a besoin d’un espace personnel suffisant, important pour son équilibre. L’idéal serait qu’il ait sa propre chambre où il peut se retirer pour des moments de tranquillité et jouer sans déranger les adultes.

  • Le contact quotidien avec la nature est aussi un élément vital devenu un luxe aujourd’hui. La nature est facteur d’émerveillement, de calme, d’observation, de contemplation.

  • Etre acteur au sein de sa famille est indispensable pour l’enfant. On lui confiera donc très tôt travaux et services adaptés à ses forces et ses capacités. Il comprend alors qu’il est utile et développe le sens de la responsabilité envers les autres.

  • Le mouvement, ce grand absent de l’éducation aujourd’hui, est pourtant crucial pour un développement harmonieux de l’être humain. Le cerveau se développe grâce aux mouvements du corps, tel un muscle. L’enfant peut donc pratiquer un sport, mais comme ce terme est actuellement indissociablement lié à celui de compétition, on donnera surtout la priorité à des activités simples telles que marche en pleine nature, jardinage, grimper aux arbres, jeux de cour, vélo, jeux de ballon, de raquettes, de cordes, construction de cabanes…L’escalade semble une activité physique fort intéressante pour développer des compétences telles que calme, concentration, observation, réflexion, endurance…En tant qu’éducateur, mettons aussi l’accent sur les jeux coopératifs afin de développer un état d’esprit de collaboration et d’entraide.

  • Les activités artistiques ne sont pas réservées aux personnes oiseuses, mais elles développent bien des qualités que nous ne pouvons développer à loisir ici, mais citons simplement la gestion du stress, l’habileté manuelle ainsi que la gestion des émotions .Dans l’activité artistique la discipline est accompagnée d’une haute dose de plaisir et de joie !

  • Mettons particulièrement en relief l’observation. L’enfant peut observer à loisir la nature, les animaux. Mais il est important qu’il puisse observer les activités de l’adulte pour pouvoir les reproduire. On prendra le temps de réaliser devant lui avec des gestes lents. Il ne peut faire correctement si on ne lui a pas montré préalablement. L’auteur Joe-Ann Benoit nous parle de « modèlisation »3 Rien n’est plus motivant pour un jeune que de suivre les traces d’un modèle admiré.

  • Donnons à l’enfant de vivre régulièrement des activités de groupe. Celles-ci seront socialisantes et il constatera que partout il y des règles à observer. L’école bien sûr, mais aussi le camp de vacances, le sport d’équipe, l’église, le scoutisme, l’orchestre seront des expériences inoubliables, à favoriser dès l’âge de sept ou huit ans.

  • La responsabilité d’un animal vers neuf ou dix ans peut être une prise de conscience intéressante du rôle à jouer dans les besoins d’autrui. Plus jeune , il peut arroser des plantes, s’occuper d’un bout de jardin, ce qui lui révèlera les lois naturelles de la vie.

  • N’oublions pas de cultiver l’humour; rire ensemble permet une vraie détente et une complicité appréciable !

  • L’alimentation est à prendre en compte si l’on veut préserver la maîtrise de soi, un système nerveux en bon état ainsi qu’un sommeil réparateur. On privilégiera donc une nourriture dénuée de tout excitant ( coca, thé, café, viande, sucre) et on mettra l’accent sur les céréales complètes, les fruits, les légumes et les oléagineux.

  • Enfin, un aspect des plus souvent négligé alors qu’il est primordial pour permettre à l’enfant de se situer dans le monde, d’avoir une saine estime de lui-même, je veux parler ici de l’éducation spirituelle. Proposée dès la petite enfance, elle n’est pas bourrage de crâne, mais une réponse aux questions existentielles. Savoir d’où je viens, qui je suis, et où je vais ne peut que m’aider à avancer dans la vie avec volonté et ambition légitime. Il est d’ailleurs plus facile pour nous parents d’avoir une vision claire des bases sur lesquelles nos valeurs reposent. D’après quels fondements allons-nous discipliner ? Avons-nous nous même un modèle clair ?...

  • « Gouverner trop est aussi mauvais que gouverner trop peu.»4 Comme dans bien des domaines, nous sommes à la recherche de l’équilibre pour promouvoir une juste discipline. Ne nous leurrons pas, ce n’est pas en proposant un environnement riche et varié à l’enfant que nous n’aurons pas à faire face à des tensions, voire des crises. Mais l’avoir pensé et mis en place  limitera l’intensité et la fréquence de celles-ci. Un cadre motivant et riche permet de répondre aux véritables besoins de l’enfant, tout en lui donnant l’occasion aussi d’accomplir les devoirs qui sont les siens en tant que participant  de la cellule familiale et de la société humaine.

 

 Isabel Gourmaud

Consultante en remédiation et formatrice d’enseignants

 

1 E.G.White, Education,p 294, Ed . Signes des Temps, 1976

2 H.Cloud, J.Townsend, Des limites pour nos enfants, l’art de poser un cadre dans l’éducation, Ed. Jeunesse en mission, 2006

3 Joe-Ann Benoit, Le défi de la discipline familiale, Ed.Québécor, 1998, et : La discipline , du réactionnel au relationnel, Ed. Québécor, 2001

4 E.G. White, Education, p 295,Ed. Signes des temps, 1976

L’œil et l’apprentissage :

 

Le toucher et la proprioception jouent un rôle important d’organisateurs des aspects visuels de l’apprentissage. La vision est un phénomène très complexe dont seulement un faible pourcentage, 10 % du processus, se passe dans les yeux. Les 90 % restants ont lieu dans le cerveau en association avec le toucher et la proprioception. Quand les bébés touchent les objets, ils apprennent ce que sont la dimension, la texture, la ligne et même la couleur…Le toucher est très important pour la vision…Des expériences ont démontré que le cerveau doit assembler notre monde visuel à partir de données acquises par d’autres sens, en particulier le toucher et la proprioception…1 -
 

  • Nos yeux sont conçus pour bouger et pour s’adapter à la lumière afin d’obtenir autant de détails sensoriels sur notre monde que possible. Ils doivent bouger activement pour qu’il y ait apprentissage…Dans un environnement tridimensionnel, comme lorsque nous sommes dehors, les yeux sont constamment en mouvement, rassemblant l’information pour construire des ensembles complexes d’images qui sont nécessaires à l’apprentissage…Les yeux sont équipés de différentes sortes d’accommodation visuelle, et la vision tridimensionnelle est vitale pour l’apprentissage, alors que nous mettons pourtant surtout l’accent dans les situations scolaires sur l’aspect bidimensionnel… 

  • La rétine, qui est la couche nerveuse sensible de l’œil, comporte des cellules réceptives à la lumière dont approximativement 95 % sont des bâtonnets et 5 % des cônes. Les bâtonnets sont distribués autour de la périphérie de la rétine, et sont surtout stimulés dans les conditions où la lumière est faible. Les cônes sont groupés dans une petite zone de la rétine appelée « fovéa centrale», et doivent être stimulés par une lumière forte. L’importante concentration de la fovéa pour lire dans un champ bidimensionnel s’appelle l’accommodation fovéale. La combinaison des cônes et des bâtonnets permet la vision bidimensionnelle et tridimensionnelle, et l’accommodation fovéale et périphérique.

  • Si l’on considère le nombre de cônes par rapport à celui des bâtonnets, il semble quasiment évident que nous ne sommes pas faits pour rester assis de longues heures occupés à des tâches qui requièrent une activité fovéale, comme lire, regarder la télévision ou travailler sur un écran d’ordinateur. Les yeux ont besoin de faire l’expérience active du monde comme un tout pour que la vision se développe pleinement. Un fonctionnement sensoriel et moteur actif des yeux aide le corps à percevoir les formes et les mouvements naturels, et à développer le sens spatial nécessaire pour pouvoir percevoir et comprendre clairement.3

1 Kohler, Ivo, Experiments with Goggles, in Scientific American 206 (5), 1962, p. 62
2 Grady, Denise, The Vision Thing: mainly in the brain, in Discover, juin 1993, vol. 14-6, p. 58
3 Hannaford, Carla, La gymnastique des neurones, le cerveau et l’apprentissage, Ed. Jacques Grancher, 1997
« Proprioception » : perception que le corps a de lui-même dans l’espace

 

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